Exposition MANIÈRE NOIRE — Quand l’ombre gagne





Après la manifestation Intaglio en 2007, l'Association Aqua Forte, engagée dans la promotion de l'art de l'estampe, propose de découvrir, en partenariat avec la Ville de Reims, les œuvres de 3 artistes, Mikio Watanabé, Judith Rothchild et Christine Ravaux: 60 gravures, trois regards exceptionnels, à travers des thèmes différents autour de la technique de la manière noire, aussi rigoureuse intense que poétique. Un atelier de démonstration, d'initiation pour le public scolaire permet de découvrir quelques procédés utilisés en gravure et comprendre la nécessité des savoir-faire, liens évidents entre art et technique.








La technique de la manière noire

Inventée au milieu du XVIIe par Ludwig von Siegen, la technique de la manière noire, devenue très populaire au XVIIIe siècle, était appelée gravure à l’anglaise et fut le plus souvent utilisée pour reproduire des peintures tant elle permet une variété de nuances de gris.

La photographie l’a remplacée, faisant alors de cette technique particulière le choix de quelques graveurs fascinés par l’ombre et la lumière. Une dizaine d’artistes, aujourd’hui en France, maîtrisent cette manière noire.

Il faut commencer par grainer une plaque de cuivre lisse à l’aide d’un berceau, sorte de hachoir aux multiples dents, pour cribler le métal de minuscules points par des passages répétés, organisés ; ce travail très long prend plusieurs heures en fonction de la dimension de la plaque. Le travail de ravure, à proprement parler, peut alors commencer à l’aide du brunissoir, qui écrase le métal, faisant monter les zones plus ou moins claires qui seront révélées à l’impression ; on peut aussi obtenir des flancs à l’aide d’un grattoir, outil plus radical.

Vient ensuite l’impression : l’encre tiède est déposée sur la plaque et essuyée par une étoffe très légère, la tarlatane, jusqu’à ce que le dessin apparaisse ; l’impression se fait sur une feuille de papier chiffon, légèrement humide, à l’aide d’une presse taille-douce ; si le résultat n’est pas satisfaisant, l’artiste reprend son travail. On parle alors d’état.